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Les
Mécaniques Extraordinaires
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chemins
de fer et les machines à vapeur, ainsi que les procédés
mécaniques d'extraction, de purification etc, et surtout l'électricité.
D'ailleurs, chez Jules Verne, la Fée électrique se pare
d'un mystère cher à l'auteur. Nemo ne dit-il pas au Professeur
Aronnax : «Mon électricité n'est pas celle de
tout le monde, et c'est là tout ce que vous me permettrez de vous
en dire». Curieusement, et bien qu'ils soient régulièrement portés à l'écran, les véhicules imaginés par Verne n'ont jamais vraiment dépassé le stade des dessins. Il existe même un abîme entre les engins décrits dans les romans et leurs contre-parties cinématographiques. Les meilleurs exemples sont le Nautilus de 20 000 Lieues sous les Mers et l'Albatros de Robur-Le-Conquérant. Il n'y à qu'à se pencher sur les gravures originales pour constater que les directeurs artistiques ont pris de réelles libertés dans l'interprétation des dessins, eux-même n'étant pas toujours fidèles aux descriptions de Verne. Le Nautilus original a une forme de cigare allongé alors que le sous-marin de la version Disney (1954) ressemble à un poisson muni de rostres. De même, l'Albatros du film Maître du Monde (1961) qui met en scène Vincent Price dans le rôle de Robur tient plus du ballon dirigeable que du «navire à 37 mats...» décrit par Jules Verne. Face à cet état de fait, le constat est accablant : les engins imaginés par le romancier sont totalement occultés par ceux des studios de productions, qui voient toujours plus grand, plus «design», afin de permettre, très certainement, à un public d'aujourd'hui blasé par les effets spéciaux, de rêver toujours plus. Un sérieux retour aux sources est réellement nécessaire si l'on veut continuer dans cette voie, celle des adaptations, et si l'on ne veut pas perdre les belles richesses du XIXe siècle, creuset véritable de la science-fiction moderne. Ce «devoir de mémoire» me semble très important et c'est pourquoi j'ai décidé, depuis de nombreuses années déjà, de recréer de toutes pièces les engins des différents classiques littéraires sous forme de modèles rigoureusement fidèles aux propos de l'auteur. En me basant essentiellement sur les écrits et, ensuite, sur les gravures originales, je me suis rendu compte que très souvent les dessins ne correspondent pas, ici encore, tout à fait aux descriptions ; preuve que les illustrateurs de l'époque tels que de Neuville, Riou, Roux, Bennett, ont pris quelques libertés. Par exemple, l'Epouvante, cet engin multifonctionnel, ne possède que de très petites roues par rapport au fuselage, ce qui lui donne un aspect tassé. Les gravures, elles, montrent des roues de diamètre plus grand à l'arrière, le rendant plus agréable dans ses proportions. Les illustrateurs «modifient» donc à leur guise les données originales afin de créer des «choses» qui soient belles et esthétiques sur le plan graphique. Si l'apparence de certains engins que j'ai réalisé peut choquer, c'est pourtant ainsi que les a décrits l'auteur et c'est ainsi qu'ils sont réellement ! Car mes modèles sont le fruit d'une longue gestation, de réflexions approfondies... Et quand Jules Verne reste dans le vague, je suis allé puiser directement à la source des inventeurs et des techniques en vigueur à l'époque. L'homme du XXe siècle que je suis s'est effacé pour que les visions de l'auteur des Voyages Extraordinaires puissent - enfin - prendre vie... Sans plus attendre, plongeons-nous dans l'aventure et revivons ensemble le choc qu'ont dû ressentir les jeunes - et moins jeunes ! - lecteurs de l'époque, lorsque Jules Verne les a emmenés pour la première fois à bord du Wagon-Projectile de Barbicane, de l'Albatros de Robur et du fabuleux Nautilus du capitaine Nemo ! Excelsior ! Jean-Marc Deschamps Août 2004 |
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