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Ma famille TF1

TF1
Mes années passées à TF1 furent parmi le plus tristes et les plus riches de ma carrière de maquettiste professionnel. Tristes, car elles furent bien trop courtes. Je suis arrivé en fait trop tard à TF1, la chaîne étant sur le point de déménager vers son nouveau siège - Boulogne, encore aujourd’hui - où les sociétés de productions privées se partagent le gâteau, et où le régime intermittent est légion (sans parler des mensonges et des personnes exécrables que l’on rencontre dans ce milieu). J’ai pu néanmoins vivre les deux dernières années de la grande époque de la célèbre rue Cognacq-Jay. Mon atelier de 100 m2 se trouvait en effet au dernier étage des vieux bâtiments aux couloirs labyrinthiques et je pouvais donc jouir du panorama absolument fabuleux sur Paris ! Des envieux, j’en ai fait !
C’est grâce à un concours de circonstances que j’ai pu exaucer un rêve de gosse, celui de faire des maquettes pour la télévision. C’est fou comme la vie peut changer en rencontrant les bonnes gens aux bons endroits (petit clin d’œil à mon ami Stéphane Guyard !). Bref, après avoir séduit Michel Chevalet, le journaliste pour qui je devais réaliser les maquettes (séduction à l’aide de réalisations personnelles de science-fiction !), le feu vert fut donné pour ouvrir un atelier de fabrication interne à la chaîne. Chapeauté par la chef du service décoration Annie Samyn et par mon collègue décorateur Jean-Louis Calvet (élève de la prestigieuse école Boule, excusez du peu…), le département maquette de TF1 vit le jour dans les mêmes locaux où étaient installés les bureaux des frères Bogdanof à l’époque de Temps X ! Cette idée d’atelier faisait suite au départ en retraite de feu Louis Dumont qui avait jusqu’à présent réalisé les maquettes de Michel Chevalet dans sa cuisine et sa salle à manger ! J’ai donc succédé à ce grand monsieur, et notre travail peut s’apparenter à celui de « faire valoir », car Michel Chevalet est surtout connu pour ses nombreuses maquettes, surtout de fusées, qu’il présentait en direct lors des informations TV (« à l’avant, l’avant… » comme le parodiaient les Inconnus !). L’atelier déménagea ensuite au dernier étage des locaux de la rue Cognacq-Jay. Je ne pouvais être plus près du ciel !
Le rêve dura à peine plus de deux ans, mais fut d’une très grande richesse, car il m’a fallut déployer des merveilles d’ingéniosités afin de répondre aux exigences des demandes, en particulier lorsqu’il fallait traiter de l’actualité - en des temps records et avec des bouts de ficelles -. Je me souviens par exemple que nous n’avions que deux jours, à Jean-Louis et moi-même, pour construire le plan de vol réel et supposé de l’avion qui s’est écrasé en 1992 sur le Mont Saint Odile. Les caméras tournaient alors que nous étions encore en train d’accélérer le séchage de la peinture à l’aide d’un décapeur thermique ! De notre atelier sortirent bon nombre de modèles comme des projets de décors, et d’autres liés à l’actualité du moment tel que le projet d’avion spatial européen Hermès (avorté depuis) et son module scientifique Columbus dont je suis particulièrement fier, tout comme la station soviétique MIR, superbe modèle de Dumont et que j’eus le privilège de compléter avec d’autres modules.
À cette époque, 1991-1992, la société AB Productions, connue pour ses programmes de qualité (sic) tels qu’Hélène et les Garçon et Premiers Baiser décida de coproduire avec TF1 une série d’émissions scientifiques pour les plus jeunes nommée Club Science. Présenté par Michel Chevalet et Dorothée (personne très charmante et aimable, quoi qu’en disent les mauvaises langues. Pour elle, j’étais le « maquettiste fou » !), Club science traitait des sujets tels la météo, les lanceurs spatiaux, la réaction, etc, (comme l’émission C’est Pas sorcier, aujourd’hui). Nous devions pour cela construire des maquettes fonctionnelles afin que Dorothée et Michel puissent les manipuler lors du tournage : cellule géante de la peau et brin d’ADN en plexiglas, puce électronique démesurée, pendule, planètes, nuages, etc. Un jour, Michel est venu me voir et m’a demandé de lui créer une maquette qui simule la tectonique des plaques, tout en faisant du bruit pendant les prises de vue ! Voilà à quels types de défi nous devions faire face ! Imagination et débrouillardise étaient les maîtres mots !

 
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